mercredi 25 avril 2007

Le Blues De La Fin

La saison est maintenant terminée.
J’ai coulé mon dernier baril vendredi dernier.
À chaque fin de saison j’éprouve le même sentiment, la nostalgie s'empare de moi. Je suis content que ce soit terminé et en même temps je voudrais que ça continue. J'ai un pincement au cœur. Un grand soupir qui vient de façon incontrôlable. Comme si on savait qu’on allait s’ennuyer, que quelque chose d’intense et de beau venait de se briser.
Mais aussi un sentiment du devoir accompli. Un sentiment de complicité avec dame nature, l’impression d’avoir récolté au maximum le minimum de sève qu’elle nous a concédée.

Enfin bref, j’ai vécu sur l’adrénaline pendant 5 semaines et maintenant je suis en sevrage.

Nous avons terminé le lavage de la tubulure hier.

Je vous donne un aperçu de comment on procède.

À l’aide d’un compresseur, on injecte un mélange d’eau chloré et d’air dans les tubes collecteurs.
Ensuite, en suivant les tubes 5/16 on dé-entaille chaque arbre.


On attend quelques secondes afin de s’assurer que la sève a été évacuée et que la solution chlorée sorte avec un bonne pression et on remet le chalumeau dans son fourreau.
Voilà, la tubulure est maintenant prête pour l’année prochaine
Le bon coté est que je vais maintenant avoir un peu plus de temps pour écrire mes billets.

Merci à tous d'avoir été patient et un gros merci à tous ceux qui ont répondu au sondage sur la couleur du sirop.

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vendredi 6 avril 2007

La Fabrication Du Sirop D'Érable - Partie 2

Maintenant que la sève est rendue dans la station de pompage, elle est entreposée dans un bassin pouvant contenir jusqu’à 4000 gallons (environ 17,000 litres). Ça en fait du liquide à bouillir et lorsqu’il y a une grosse coulée je peut amasser 8 à 10 milles gallons de sève durant la journée. Présentement, la sève est à 1.8 degré brix. Ça prend donc en moyenne 70 gallons de sève pour faire un gallon de sirop.

Avant que le bassin de sève renverse, je démarre le séparateur. Sa fonction est de concentrer la sève avant de la faire bouillir en y retirant (par osmose inversé) jusqu’à 75% d’eau. C’est le même genre d'appareil qu’on utilise en Europe pour désaler l’eau de mer. Ce processus n’est pas absolument nécessaire mais il est économiquement primordial car il me permet d’économiser 75% de l’huile à chauffage nécessaire pour faire fonctionner l’évaporateur.


À la sortie du séparateur, le concentré est acheminé vers le bassin qui alimentera l’évaporateur et l’eau pure qui a été extraite est retournée vers un autre bassin et elle sera utilisée à la fin de la journée pour laver et rincer le séparateur. C’est un processus qui nécessite 1,500 gallons d’eau pure.


Maintenant on fait bouillir le concentré. Il faut donc ajuster le degré de température pour la sortie du sirop. On sait que le sirop est prêt lorsque sa température atteint 7 degrés Fahrenheit de plus que celle de l’eau qui bout. Vous allez me dire que ça doit être à 219 degrés puisque l’eau bout à 212. Et bien non, tout dépendant de la pression atmosphérique et de l’altitude, l’eau bout à des températures bien en deçà de 212 degrés Fahrenheit. Ça peut même descendre jusqu’à 209. On doit donc faire bouillir de l’eau et en vérifier la température à chaque jour pour connaître la température à laquelle on devra sortir le sirop.


Lorsque la température du sirop est atteinte, le sirop sort par une valve qui est contrôlée par un mécanisme électronique relié à une sonde qui mesure la température de la solution dans l’évaporateur.
On ne peut pas se fier qu’à la température pour déterminer si la solution est à point. On doit régulièrement vérifier le sirop qui sort avec un densimètre à sirop, Cet instrument permet de vérifier le degré de sucre du sirop qui doit être entre 66 et 67 degrés brix (la référence étant le sucre blanc qui est à 100 degrés brix). Si le taux de sucre est inférieur à 66, le sirop ne se conservera pas. Si il est supérieur à 67, il se formera des cristaux après quelques mois mais cela n’enlèvera rien à sa saveur ou à sa capacité de se conserver.
Le sirop tombe dans un sirotier en acier inoxydable. Il est ensuite filtré et envoyé directement dans des barils en plastique dans lesquels on aura préalablement placé des sacs de grade alimentaire.
On voit ici mon épouse Manon et ma fille Christine qui en mettent dans de petits contenants (cannes) pour la famille et les amis.
Maintenant vous en savez autant que moi sur la fabrication du sirop d'érable

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jeudi 5 avril 2007

L'Eau N'Est Pas Sucré


Bon, un petit répit ce matin.
Il est tombé 30 cm de neige depuis hier et je ne croie pas que ça coulera aujourd’hui, du moins pas ce matin.
J’en suis à mon 34ième baril de sirop ce qui représente 7 barils de moins que l’an dernier à la même date.
Sur une échelle de 1 à 100 (100 étant le sucre blanc et 66 le sirop d’érable), la sève n’a pas dépassé 2 cette année. Elle aurait dû se maintenir entre 2.5 et 3. Elle est donc environ 30% moins sucrée de ce qu’elle devrait être et cela se traduit directement sur la quantité de sirop produit.
Mais pourquoi est-ce que la sève est si peu sucrée?
Tout comme l’année précédente, les mois de décembre et janvier derniers ont été particulièrement doux et comme le sucre est ni plus ni moins l’antigel de l’érable, c’est durant cette période que l’arbre constitue sa réserve. Donc moins de froid égale moins de sucre.
Bon, vous allez me dire que février a été anormalement froid cette année. Oui, mais l’arbre est déjà passé à autre chose à ce moment là. Les journées rallongent, le soleil est plus fort et les arbres se préparent déjà au printemps.
Néanmoins, il reste probablement 10 à 12 jours avant la fin de la saison. Espérons que les érables nous réservent encore quelques bonnes coulées car j'ai encore beacoup de barils vides.

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samedi 24 mars 2007

Le Nez Dans Le Sucre

Hé oui, j'ai le nez dedans présentement. De 7 am à 10 pm je me vautre dans la sève d'érable et dans le sirop mais j'avoue que je n'ai pas grand temps ni trop d'énergie pour écrire mes billets.
Le gros de la saison va se faire dans les deux prochaines semaines.
Je vous en reparle.
Ho!, j'entend mes érables qui m'appellent!
À plus tard.

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vendredi 16 mars 2007

La Fabrication Du Sirop D'Érable - Partie 1

On a parlé de réparations pré-saison, puis de l’entaillage et des fuites. Maintenant voyons comment la sève est acheminée jusqu’à la station de pompage.
En premier, il faut savoir que le vide dans le système de collecte n’y est pour rien. En effet, les pompes vacuums n’aspirent pas l’eau mais bien l’air qui se trouve dans la tubulure. Donc la seule façon d’acheminer la sève à la station de pompage est la gravité. Et oui, il faut absolument qu’il y ait une pente. En montagne (comme dans mon cas) cela ne cause pas de problème mais en terrain plat c’est une toute autre histoire.


(Manifold)

Donc la sève arrive par gravité dans un « manifold » (je ne connais pas le terme français) relié à un relacheur mécanique communément appelé "dompeur "



(Dompeur)


(Manifold et dompeur)

Ce dompeur est en deux sections contenant 25 gallons chacune. Quand une des sections est pleine, un système de flottes transfère le vacuum dans l’autre section libérant ainsi les 25 gallons de sève dans le bassin par une trappe située sous chaque section. Cet ingénieux mécanisme assure un vide constant dans la tubulure.
À quel débit la sève arrive t’elle? Et bien ça dépend de l’importance de la coulée qui elle dépend de la température de la journée et de la nuit précédente. Ça prend une nuit où le thermomètre descend sous zéro pour que le l’arbre se gorge de sève qui elle, monte vers la cime par son centre. Le jour, lorsque la température dépasse le point de congélation, la sève redescend par le pourtour de l’arbre où elle est captée.
Dans mon cas, une petite coulée produit jusqu’à 500 gallons (environ 2,200 litres de sève) à l’heure.
Une moyenne coulée, entre 500 et 1000 gallons à l’heure et une grosse coulée (il n’y en a 2 ou 3 durant la saison) jusqu’à 1,500 gallons à l’heure. Ça peu sembler beaucoup de sève mais ces débits ne sont pas soutenus toute la journée. Ils augmentent graduellement le matin pour atteindre un maximum qui est maintenu pendant 2 ou 3 heures et diminuent graduellement au fur et à mesure que la température redescend en fin de journée.

À suivre....

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mardi 6 mars 2007

Le Monde Est Petit


Une cousine de Albanel au Lac St-Jean m'a appelé la fin de semaine dernière.
Elle vient passer quelques jours le 15 avril avec son mari Frank pour se sucrer le bec.

Elle m'a raconté une histoire étonnante.

Elle est en train de faire son arbre généalogique depuis l'automne dernier. Comme son père ainsi que sa mère ont tous les deux été adopté lorsqu’ils étaient bébé, ils ne portent pas le nom de leur famille biologique mais bien de leur famille adoptive. De plus, ce qui complique les choses, tous les deux sont restés en contact avec leur famille biologique et sont connus sous les deux noms.
Manon, ma cousine, savait que sa mère avait une sœur mais elle ne l'a jamais connue. Elle a néanmoins su qu'elle s'appelait Claire. Alors elle s'est mis à rechercher une Claire en utilisant le nom de famille biologique. Depuis des mois maintenant qu'elle cherchait, elle a réussit à la localiser et elle l'a contacté au début de la semaine. Tout en jasant, Manon a su que Claire demeurait dans l'est de Montréal et elle a donc mentionné qu'elle était venue à Montréal l'automne dernier en visite chez son oncle René puis chez son cousin Jean Pierre à Weedon.
Claire lui a demandé quelle était le nom de famille de son oncle.
Elle lui a répondu René D…...
Tout en continuant de placoter au sujet de la famille, Claire a redemandé à plusieurs reprises quel était encore le nom de son oncle puis elle a demandé
"Est-ce que ton oncle ne serait pas par hasard avec une dénommé Solange P…"?

Vous imaginez la consternation!

Claire est la meilleur amie de Solange (l’amie de mon père) et qui plus est, elle joue au bowling tous les lundis avec papa.
Lorsque notre oncle Robert est mort, papa lui avait mentionné qu'il ne serait pas au bowling ce Lundi parce qu'il allait au funérailles de son frère Robert D… au lac St-Jean. Elle n'a pas allumé parce ce qu'elle le connaissait sous le nom de Robert G…
Claire a mentionné à papa qu'elle aussi venait du Lac St-Jean mais qu'elle n'y était jamais retourné.
C’est incroyable, Manon qui depuis des mois cherche une tante maternelle qu’elle n’a jamais connue apprends que cette tante côtoie son oncle paternel et qui plus est, est la meilleur amie de sa copine.

Demandez moi si le monde est petit?.

J’ai ai dit à Manon d'acheter un billet de loto.
Manon et Frank, on a hâte de vous voir.
PS. La photo vous aidera à nous trouver :)

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lundi 26 février 2007

Pas Facile d'Être un Chevreuil


Septième journée d’entaillage.
Mais quelle journée!
Soleil mur à mur, 0 degré, pas de vent, une journée magnifique. Le travail est encore dur mais nous enfonçons moins dans la neige. Surtout le matin quand tout est gelé. L’après–midi c’est autre chose. La neige colle aux raquettes et elles deviennent alors très lourdes mais c’est quand même mieux qu’au début où on enfonçait jusqu’aux genoux.

Nous jouons à cache-cache avec les chevreuils. On aperçoit souvent leurs traces dans nos traces de raquettes et souvent seulement quelques minutes après notre passage.
Ah les chevreuils! Ils ne l’ont pas facile ces temps-ci. Que dis-je, ils ne l’ont jamais facile si on y pense.
L’été, ils se font manger par les mouches.
L’automne ils se font pourchasser par les chasseurs.
L’hivers, ce sont les coyotes qui les traquent sans arrêt ou sinon ce sont les motoneiges qui les surprennent a tout moment.
Le printemps, et bien c’est nous (les acériculteurs) qui travaillons en plein dans leur lieu de refuge et/ou de nourriture.
Malgré tout, je dirais que c’est au début du printemps qu’ils sont le plus vulnérables. Ils ont déjà épuisé la presque totalité de leur graisse et c’est le temps de l’année où la couverture de neige est la plus épaisse.
Puisque eux n’ont pas de raquettes, ils enfoncent jusqu’au ventre. Mais ils sont rusés nos chevreuils. Comme on peu le voir sur la photo, ils empruntent toujours les mêmes sentiers pour se rendre d’un endroit à un autre et ces sentiers deviennent de véritables autoroutes qui leur permettent d’économiser le peu d’énergie qui leur reste en attendant la fonte.

En parlant d’énergie, la mienne a été mise à contribution en bibitte ces derniers jours. 3 kilos de perdus. Et dire qu’il y a des gens qui paient pour faire des randonnées en raquettes.
Enfin, plus que deux jours et l’entaillage sera terminée.

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mercredi 21 février 2007

Les Vaillants Gaillards

Les voici mes deux gaillards.
Steve et Marco.
Ce sont deux frères d’une famille de 20 enfants dont 19 sont vivants.
Vous imaginez la tablée à l’heure des repas:).
Marco me racontait l’an dernier qu’il ne se souvient pas avoir jamais été 19 à la maison en même temps. Les plus vieux étant déjà partis quand les derniers sont nés. Mais quand même, une famille comme il n’y en a plus. Chapeau à M. et Mme Paré.
Ils sont tous nés à la maison paternelle dans le village de Fontainebleau tout près d’ici. Ce nom vous dit quelque chose? Oui c’est le village où est né Doris Lussier (le père Gédéon).
Vaillant?
Il faut l’être pour entailler dans les conditions de cette année. Il est tombé plus de 60 cm de neige la semaine dernière en plus des 40 cm déjà accumulés et nous devons utiliser les raquettes. Le hic est que cette neige nouvelle n’est pas tapée et nous enfonçons jusqu’aux genoux même en raquettes. La progression est donc lente et pénible.
Vous les voyez ici en train d’entailler.
Je vous explique.
Des tubes 5/16 (Pour « Petit Point D’exclamation » c’est 5/16 de pouce et ça équivaut à un cm de diamètre) relient chaque arbre à un tube collecteur. Nous marchons d’arbres en arbres en perçant des trous avec des perceuses sans fil. On décroche le chalumeau de son fourreau et on le trempe dans de l’alcool pour le désinfecter. Nous martelons ensuite le chalumeau dans le trou avec un maillet de bois et le tour est joué. Bon, y a plus mais je vous décris l’essentiel.
On en a encore pour 6 ou 7 jours et j’espère que les conditions vont s’améliorer sinon il y a beaucoup de kilos qui vont se perdre.
En parlant de kilos, je suis arrêté dire bonjour à Lise et Yvon (mes voisins) ce soir en finissant et il y avait 6 ou 7 tartes sur la table. Miam.....
À plus.

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jeudi 15 février 2007

Un Ange


Je suis encabané ce matin. Il est tombé 55cm+ et ça continue.
Je vais donc vous parler de mon voisin d’érablière Yvon. J’ai fait sa connaissance au printemps 2005 alors que je me préparais à bouillir la sève pour la première fois. Quelle catastrophe. J’avais connecté un instrument à l’envers et comme conséquence l’évaporateur s’est arrêté de fonctionner. Comme je n’y connaissais rien en appareil de chauffage j’ai commencé à paniquer. Qui appeler? Qui répare ce genre d’équipement? Je voulais pleurer, j’étais totalement dépassé.
Yvon est arrivé à ce moment-là.
« Bonjour, je m’appelle Yvon, je suis ton voisin »
« Bonjour ». J’étais tellement préoccupé que je l’ai presque ignoré.
« Comment ça va? »
« Pas très bien. Mon évaporateur s’est arrêté et il ne veut plus redémarrer. Je n’y comprends rien ».
« Pas de problème, je suis électricien, je vais jeter un coup d’œil »
Je ne sais par quel miracle mais un ange venait d’apparaître.
Yvon a vite compris ce que j’avais fait de travers et en a conclu que les boites de contrôle étaient cuites.
Nous sommes allés chez lui et pendant que je sirotais un café, Yvon a téléphoné à un fournisseur d’huile à chauffage qui avait justement ce genre d’équipement en inventaire.
Ouff! Le miracle s’était produit.
Quelques heures et $400 d’équipement plus tard, le tout était réparé.
Quelle chance d’avoir un électricien à la retraite et qui plus est, plein de ressources, comme voisin.
Yvon a aussi une érablière. Un peu plus modeste que la mienne mais qui renferme quelques trésors d’invention et d’ingéniosité.
Lise, son épouse, l’épaule durant le temps des sucres. Ils se relayent à l’évaporateur jusqu’à souvent très tard dans la soirée. Souvent, à la fin de ma journée j’arrête jaser avec eux. S’ils ne sont pas à la maison c’est qu’ils sont à la cabane en train de faire bouillir.
Ce sont des passionnées de l’érable.
Ce printemps, puisque nous travaillons souvent tous les deux seuls en forêt, nous avons convenu de porter ces petits radios-téléphones sur nous. C’est plus prudent et puis moins ennuyant dans la soirée lorsque on peut communiquer. On ne l’a pas encore essayé et ça reste à voir mais cette idée qui vient d’Yvon est séduisante.
Bon, je leur (et me) souhaite une bonne saison des sucres.
Je m’en vais pelleter de la neige….

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samedi 10 février 2007

La cuisinière


« La valse de la bûche », pour citer RobertD, continue. Avec les froids sibériens des trois dernières semaines la réserve de bois de chauffage diminue drastiquement.
Notre fournaise centrale fonctionne au bois et à l’électricité.
Voici comment ça fonctionne :
Il y a deux thermostats. Un pour l’électricité que nous réglons à 16 degrés. Puis le deuxième qui lui gère la combustion et est réglé à 22 degrés. Tous les matins j’allume le système au bois. Le thermostat qui gère l’entrée d’air et le ventilateur assure une dispersion uniforme de la chaleur tant et aussi longtemps que la fournaise est alimentée avec du bois (de l’érable sec bien entendu).
Au petit matin, la température à l’intérieur de la maison diminue graduellement (je ne me lève pas la nuit pour alimenter la fournaise) pour atteindre 16 degrés et c’est à ce moment que le chauffage électrique prend la relève.
Puisque nous avons une très grande maison, nous utilisons souvent (tous les jours dernièrement) la cuisinière au bois. Il est certain que cette dernière est beaucoup mois efficace que la fournaise centrale mais bon, la chaleur qu’elle dégage est tellement agréable. Et n’oublions pas que nos ancêtres pas si lointain se chauffaient presque uniquement avec ce type de poêle.
Et puis, puisque la cuisinière au bois chauffe, pas question d’utiliser la cuisinière électrique pour préparer les repas.
Il paraîtrait que la nourriture a bien meilleur goût quand elle est cuite sur une cuisinière au bois.

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lundi 29 janvier 2007

Trop cher?

Beaucoup de gens disent que le sirop d’érable est trop cher et ils n’en achètent pas.
Trop cher? C’est relatif :
Une caisse de bière : $26,00 + taxes. Combien pour l'année?
Un vinier : $42,75. Combien pour l'année?
Un repas au restaurant $$$…. Combien pour l’année?
Une sortie au cinéma $$$….. Combien pour l’année?
Un gallon de sirop : $35 à $40. Un seul pour l’année.

Combien croyez-vous qu’un producteur de sirop d’érable peut faire de profit sur 1 gallon (ou plus précisément, 8 cannes de 540ml donc 4,32 litres) de sirop d’érable?

Laissez-moi tout d’abord vous dire combien il en coûte tout de moins dans mon cas:

$01,300 Prélevé de la fédération
$00,374 Location
$01,240 Électricité
$02,030 Main d’oeuvre
$03,665 Intérêts
$01,015 Fournitures
$03,383 Huile à chauffage
$00,507 Assurances
$00,338 Chemins
$01,691 Maintenance équipements
$11,559 Amortissements
$00,846 Gazoline
Ce qui fait un total de $27,95 par gallon

Maintenant la fédération paie en moyenne $28,49 ce qui me fait un juteux profit de 54 cents du gallon.
Bon, soyons franc, j’en ai fait plus que un gallon alors si je multiplie par 1,800 gallons j’arrive à $972 de profit pour la saison.
Ha, j’en ai aussi canné 120 gallons. Ajoutons des coûts de $3,20 pour les cannes et $0,90 pour le carton. Je les vends $35/gallons alors j’ai fait un profit additionnel de $277,20 que j’ajoute à mon $972 précédent pour un joyeux total de $1 249,20.

Pas si mal?

Si je divise ces $1 249,20 de profits par les 1 100 heures de travail durant l’année et bien, je travaille pour des peanuts.

Les coûts mentionnées plus haut ne sont pas universels. Certains producteurs utilisent des évaporateurs au bois plutôt qu’à l’huile ce qui représente une économie importante surtout s’ils coupent leur propre bois. Tous n’ont pas eu à investir dans l’achat d’une érablière car celle-ci fait souvent partie du patrimoine familiale. Et les coûts son très variable dépendamment du nombre d’entailles. Hé oui, ici aussi c’est vrai, plus on est gros plus on a des économies d’échelle.

En ce qui me concerne, je suis à la retraite depuis 3 ans et ce travail m’occupe durant la moitié de l’année pis comme j’adore ce métier, ça me fait rien de travailler pour des peanuts.

Trouvez-vous le sirop d'érable trop cher?

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lundi 22 janvier 2007

Le Temps

Le temps approche à grand pas.
Bientôt il sera là.
Point n’est le temps de dormir.
Car les travaux n’attendent pas.
Les branches à enlever, les tubes à relever.
L’équipement à réparer, les mèches à affûter.
J’entrevois déjà ces vaillants gaillards.
Le temps des sucres dans le regard.
Percer des trous ronds et beaux
Pour y mettre les chalumeaux.
Tout doit être prêt à temps.
Pour capter cette première coulée.
Il faut partir à temps.
Pour faire du sirop sucré.
Le temps ne se rattrape pas.
Ne le gaspillons pas.

Un vielle adage dit, « Neuf femmes enceintes ne peuvent pas avoir un bébé en un mois »

Alors prenons le temps de faire les choses dans les temps.

Ouff!

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