
Il y a deux ans nous avons eu des élections municipales. Un jour, on sonne à la porte, c’était le maire sortant qui faisait du porte-à-porte et il était seul..
En lui voyant la face, je savais que je n’allais pas voter pour lui. Il y a des gens qui dégagent je ne sais quoi de désagréable, comme une mauvaise chimie. Il avait l’air d’un rustre, les cheveux trop long pour son âge, un complet trop petit pour son poids, de vieux souliers, et une arrogance!!!!!!
À peine entré, il déballe son speach de bon maire, son bilan (quel sorte de bilan peut-on avoir dans un petit patelin comme le mien?), ses projets et ça dure un bon cinq minutes.
Un peu (beaucoup) agacé je lui demande, un peu effrontément, ce qu’il vas faire pour moi si je vote pour lui. Et là, pris au dépourvu il me dit qu’il vas refaire le chemin et entre autre, les sept kilomètres qui mènent à mon érablière et qui sont encore en gravel.
Je lui demande « N’avez-vous pas d’autres projets plus importants où dépenser mon argent? »
Et il répond « Ça vas amener plus de touristes dans notre village et ça vas être bon pour tout le monde »
Wow quel résonnement! Je ne sais pas combien sept kilomètres coûtent à paver ni combien de touristes vont maintenant venir chez-nous parce que ce chemin est pavé mais je suis sure que le compte n’y est pas.
Si on reporte ce raisonnement à l’échelle provincial on reconnaît tout de suite le « patern ». Aussitôt qu’un brin d’herbe pousse dans une craque sur une autoroute, on en repave tout de suite un bon 10 kilomètres et tout ça pendant que le tiers de la population n’a pas de médecin de famille, que les listes d’attente pour voir un spécialiste sont interminables et qu’il y a une pénurie d’infirmières.
J’ai les moyens de rouler moins vite mais je n’ai pas les moyens de ne pas me faire soigner quand je suis malade.
Je n’ai pas voté pour lui.