lundi 28 mai 2007

Hôtel 2 Étoiles


Voici ma demeure pour les 8 prochains jours.
En fait, on ne voit ici qu'une infime partie de l'hôpital Hôtel-Dieu de Sherbrooke situé en flanc de colline.
Une chose est sure, ce n'est pas un grand hôtel. Pas d'air climatisé dans les chambres, quatre par chambre, pas de télévision, pas de salle de bain privée.
Mais, quand même, trois repas par jour servis au lit:)
Merci à tous pour vos messages d'encouragement et on se reparle dans une huitaine.

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dimanche 27 mai 2007

Dehors! Tanguy


Surprise ce matin.
Ce jeune orignal courrait dans les champs comme une âme perdue. Il était seul car maman l'a probablement mis à la porte.
Les mères orignaux se préparent à mettre-bas ces jours-ci alors elles chassent leurs rejetons de l'année précédente histoire de pouvoir se consacrer au bien être et à la protection du nouveau qui va naître d'ici quelques jours.
La nature est ainsi faite.

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samedi 26 mai 2007

Espoir Et Peur


L'hôpital a finallement appelé.
Mardi prochain je passe au bistouri.
Ayoye. Maintenant j'ai la chienne.

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mercredi 23 mai 2007

Chemin de gravel


Il y a deux ans nous avons eu des élections municipales. Un jour, on sonne à la porte, c’était le maire sortant qui faisait du porte-à-porte et il était seul..
En lui voyant la face, je savais que je n’allais pas voter pour lui. Il y a des gens qui dégagent je ne sais quoi de désagréable, comme une mauvaise chimie. Il avait l’air d’un rustre, les cheveux trop long pour son âge, un complet trop petit pour son poids, de vieux souliers, et une arrogance!!!!!!
À peine entré, il déballe son speach de bon maire, son bilan (quel sorte de bilan peut-on avoir dans un petit patelin comme le mien?), ses projets et ça dure un bon cinq minutes.
Un peu (beaucoup) agacé je lui demande, un peu effrontément, ce qu’il vas faire pour moi si je vote pour lui. Et là, pris au dépourvu il me dit qu’il vas refaire le chemin et entre autre, les sept kilomètres qui mènent à mon érablière et qui sont encore en gravel.
Je lui demande « N’avez-vous pas d’autres projets plus importants où dépenser mon argent? »
Et il répond « Ça vas amener plus de touristes dans notre village et ça vas être bon pour tout le monde »
Wow quel résonnement! Je ne sais pas combien sept kilomètres coûtent à paver ni combien de touristes vont maintenant venir chez-nous parce que ce chemin est pavé mais je suis sure que le compte n’y est pas.
Si on reporte ce raisonnement à l’échelle provincial on reconnaît tout de suite le « patern ». Aussitôt qu’un brin d’herbe pousse dans une craque sur une autoroute, on en repave tout de suite un bon 10 kilomètres et tout ça pendant que le tiers de la population n’a pas de médecin de famille, que les listes d’attente pour voir un spécialiste sont interminables et qu’il y a une pénurie d’infirmières.
J’ai les moyens de rouler moins vite mais je n’ai pas les moyens de ne pas me faire soigner quand je suis malade.
Je n’ai pas voté pour lui.

mercredi 16 mai 2007

La Valse De La Bûche


Ne me demandez pas ce que je fais ces temps-ci. L’année dernière j’ai fait environ 30 cordes de bois de poêle et je les ai cordées dehors à la sucrerie. Pas génial. Le bois a vu l’heure de sécher. Quand je l’ai rentré l’automne dernier, l’écorce se détachait, il était humide, il brûlait mal… Cette année, j’ai décidé de bâtir une shed à bois directement à la sucrerie. Assez c’est assez. On travaille tellement après ces maudites bûches, en plus si elles brûlent mal, c’est pas mal frustrant. La shed devrait contenir au moins 30 cordes.
Alors j’ai bûché du cèdre pour faire les assises de la shed et une dizaine d’épinettes pour la shed elle-même. Bon, elle n’est pas encore couverte mais dès que j’aurai fini de fendre et de corder mon bois à l’intérieur je la couvrirai.
J’apprends avec le temps, J’ai deux autres sheds à bois à la ferme, une au bout de la terre où je faisais mon bois avant d’avoir l’érablière et une autre à la cabane en bois rond. Et bien les deux sont en train de pourrir par le bas parce que j’ai fais les assises en épinette. Cette fois je les ai faites en cèdre et elles ne devraient pas pourrir de sitôt.
Quand j’aurai fini, je regarderai sécher ce foutu bois en attendant le mautadit coup de téléphone de l’hôpital pour une chirurgie de l’œsophage. Ceux qui me connaissent le savent mais pour le autres, je souffre d’une maladie rare.
L’achalasie.
Mon œsophage ainsi que le sphincter (la valve) de l’estomac ne fonctionnent plus. Si vous en faites l’expérience et bien vous verrez que même si vous avez la tête en bas et les pieds dans les air et que vous avalez des aliments et bien ce que vous avalez va se rendre dans l’estomac. C’est la fonction de l’œsophage, il ondule la nourriture jusqu’à la valve qui ouvre et referme juste le temps de laisser passer les aliments. Chez moi, ces deux fonctions sont mortes. La nourriture descend pas gravité et s’accumule dans l’œsophage jusqu’à ce que le poids soit suffisant pour forcer son chemin dans l’estomac. Conséquences, l’œsophage se dilate et devient en quelque sorte un deuxième estomac qui compresse les poumons et le cœur sans compter cet effet de lourdeur qui est désagréable. J’ai été opéré par laparoscopie l’été dernier mais ça n’a pas fonctionné alors cette fois-ci on doit m’ouvrir. Demandez-moi pas si j’ai hâte. Bâtard, si il y a quelque chose que je hais c’est bien de me tourner les pouces sur un lit d’hôpital, à pisser dans un bocal et surtout à bouffer de la nourriture qui ne goûte rien durant une semaine.
Ça paraît-tu qu je ne suis pas de bonne humeur?
Bon ça m’a fait du bien d’en parler:)

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lundi 14 mai 2007

Qui s'y frotte......!

mercredi 9 mai 2007

Prémonition

Le roi est mort! Vive le roi!
Sage décision sûrement d'André Boisclair. Maintenant on devra se payer une autre course à la chefferie. Ce sont les journalistes qui doivent être content. Ils vont pouvoir nous rabattre le oreilles pendant des semaines, que dis-je? des mois avec cette course.
Mais le but de mon billet d'aujourd'hui est plutôt de vous aiguiller vers le billet d'une amie blogueuse
  • La cinquantaine en tamalou
  • qui a sûrement eu une prémonition en écrivant son billet du Samedi 5 mai. Elle y raconte une merveilleuse fable "Qui a piqué mon fromage? Par Spencer Johnson" au sujet d'une montagne fromagère et qui décrit tellement bien ce qui se passe (ou plutôt ce qui se passait) au sein du Parti Québécois que ça en est ahurissant. Je vous invite vivement à la visiter.
    Bravo Marie. Tu as vu venir le coup.

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    mardi 1 mai 2007

    Deux Mondes


    Depuis que je suis établi en campagne il n’y a pas un jour où je ne constate pas une différence avec la vie dans les grands centres.
    Prenez les gens par exemple, connaissez-vous le nom de votre épicier, de votre garagiste, du facteur, des commis du magasin général, de la caisse populaire, du dépanneur, du centre vidéo ou même de vos voisins. Et bien dans un petit patelin comme le mien, tout le monde se connaît. Une autre particularité des gens d’ici c’est qu’il ne sont pas méfiants de nature contrairement aux grandes villes.
    À ma première année de production de sirop d’érable j’ai ouvert des comptes chez plusieurs fournisseurs d’équipements d’érablières tous dans des villages voisins plus ou moins éloignés et j'ai commandé des milliers de dollars en marchandises. Me croiriez-vous si je vous disais que je n’ai jamais rien signé pour ouvrir ces comptes, qu’on ne m’a pas demandé aucun renseignement de crédit, qu’on m’a expédié ma marchandise (bien sûr j’ai signé les bons de réceptions) et que j’ai payé les factures sur réception par la poste.
    Même la caisse populaire où j’ai contracté un emprunt hypothécaire me permet d’effectuer un seul paiement par année qui coïncide avec la vente de ma récolte de sirop. Essayez de convaincre votre gérant de banque que vous voulez effectuer un seul paiement annuel pour votre hypothèque si vous demeurez dans un grande ville.
    Une autre caractéristique des gens d’ici, la cordialité.
    Je vous raconte une anecdote.
    « Dans les premières années que je suis arrivé ici j’ai récolté un magnifique chevreuil à l’automne. Comme je ne savais pas où aller je l’ai amené à l’épicerie. Là, le boucher m’a dit qu’il ne pouvait pas le prendre avec la peau, que je devais d’abord en quelque sorte le déshabiller. Je me suis donc installé dans le stationnement de l’épicerie où j’avais stationné mon camion et j’ai « pleumé » mon chevreuil avec un couteau que le boucher m’avait prêté. Et les clients? Il y avait attroupement, ils venaient tous me voir, me féliciter, jaser en peu avec moi, me montrer le pouce et non le majeur. Pendant que je besognais, l’un d’eux m’a fait remarquer que de la vapeur sortait du capot de mon camion.
    Après avoir entré la carcasse du chevreuil au frigo je me suis rendu directement chez le concessionnaire situé à deux pas de là. Sans rendez-vous bien entendu. C’était juste avant les heures de fermeture. Ils ont examiné le problème et convenue que le radiateur coulait. Là aussi il y a eu attroupement, la tête ainsi que la peau et les pattes du chevreuil étaient toujours dans la boîte du camion et puisque le panache était énorme, même le proprio est venu me féliciter et on a jasé de chasse. Bon, maintenant je suis à pied car impossible d’avoir les pièces du radiateur avant le lendemain. Et bien on m’a prêté une voiture de courtoisie sans que je n’ais, encore là rien à signer, tous simplement en me demandant de la ramener avec un peu d’essence pour que le prochain client puisse se rendre au moins jusqu’à la station d’essence. J’ai demandé, et les restes du chevreuil? Ne vous inquiétez de rien, on s’en occupe qu’on me répond. »
    Vous imaginez si cela s’était produit à Montréal. Un, on m’aurait lapidé sur place pour le chevreuil. Deux, le concessionnaire m’aurait probablement dit, revenez demain car on ferme dans cinq minutes. Trois, je n’aurais pas eu de voiture de courtoisie sans l’avoir réservée à l’avance. Et quatre, même si on m’avait prêté une voiture (car souvent on les loue) ce ne serait qu’après avoir signé une tonne de papier, montré une tonne de cartes d’identités, laissé mon numéro de carte de crédit, et sous la menace de surcharges atroces si je ne la ramène pas pleine d’essence.
    La campagne et la ville! Vraiment deux mondes.
    Et la dessus, je peux vous dire que je n’ai jamais regretté de m’être établie ici.

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