mercredi 28 février 2007

Entre Voisins

Ça y est.
On a terminé d’entailler les 12,000 arbres. Je croyais, Lundi, qu’il y en avait encore pour deux jours mais mes gaillards, Mardi, voyants la lumière au bout du tunnel, ont décidé d’allonger leur journée et du coup la mienne et on a terminé à 17 :30 h.

Je leur dis un gros merci.

Aujourd’hui, puisque je n’avais rien de précis à faire, je suis allé aider Yvon. Il lui restait quelques 400 arbres à entailler pour finir lui aussi. Je l’ai fait rire ce matin en lui disant que je venais faire un don d’un demi kilo. On en perd des kilos à entailler dans la neige. D’habitude, ses garçons viennent l’aider mais cette année, à cause de différentes contraintes, il a presque tout entaillé lui même. C’est lui sur la photo.

C’est tout un gaillard lui aussi.

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lundi 26 février 2007

Pas Facile d'Être un Chevreuil


Septième journée d’entaillage.
Mais quelle journée!
Soleil mur à mur, 0 degré, pas de vent, une journée magnifique. Le travail est encore dur mais nous enfonçons moins dans la neige. Surtout le matin quand tout est gelé. L’après–midi c’est autre chose. La neige colle aux raquettes et elles deviennent alors très lourdes mais c’est quand même mieux qu’au début où on enfonçait jusqu’aux genoux.

Nous jouons à cache-cache avec les chevreuils. On aperçoit souvent leurs traces dans nos traces de raquettes et souvent seulement quelques minutes après notre passage.
Ah les chevreuils! Ils ne l’ont pas facile ces temps-ci. Que dis-je, ils ne l’ont jamais facile si on y pense.
L’été, ils se font manger par les mouches.
L’automne ils se font pourchasser par les chasseurs.
L’hivers, ce sont les coyotes qui les traquent sans arrêt ou sinon ce sont les motoneiges qui les surprennent a tout moment.
Le printemps, et bien c’est nous (les acériculteurs) qui travaillons en plein dans leur lieu de refuge et/ou de nourriture.
Malgré tout, je dirais que c’est au début du printemps qu’ils sont le plus vulnérables. Ils ont déjà épuisé la presque totalité de leur graisse et c’est le temps de l’année où la couverture de neige est la plus épaisse.
Puisque eux n’ont pas de raquettes, ils enfoncent jusqu’au ventre. Mais ils sont rusés nos chevreuils. Comme on peu le voir sur la photo, ils empruntent toujours les mêmes sentiers pour se rendre d’un endroit à un autre et ces sentiers deviennent de véritables autoroutes qui leur permettent d’économiser le peu d’énergie qui leur reste en attendant la fonte.

En parlant d’énergie, la mienne a été mise à contribution en bibitte ces derniers jours. 3 kilos de perdus. Et dire qu’il y a des gens qui paient pour faire des randonnées en raquettes.
Enfin, plus que deux jours et l’entaillage sera terminée.

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mercredi 21 février 2007

Les Vaillants Gaillards

Les voici mes deux gaillards.
Steve et Marco.
Ce sont deux frères d’une famille de 20 enfants dont 19 sont vivants.
Vous imaginez la tablée à l’heure des repas:).
Marco me racontait l’an dernier qu’il ne se souvient pas avoir jamais été 19 à la maison en même temps. Les plus vieux étant déjà partis quand les derniers sont nés. Mais quand même, une famille comme il n’y en a plus. Chapeau à M. et Mme Paré.
Ils sont tous nés à la maison paternelle dans le village de Fontainebleau tout près d’ici. Ce nom vous dit quelque chose? Oui c’est le village où est né Doris Lussier (le père Gédéon).
Vaillant?
Il faut l’être pour entailler dans les conditions de cette année. Il est tombé plus de 60 cm de neige la semaine dernière en plus des 40 cm déjà accumulés et nous devons utiliser les raquettes. Le hic est que cette neige nouvelle n’est pas tapée et nous enfonçons jusqu’aux genoux même en raquettes. La progression est donc lente et pénible.
Vous les voyez ici en train d’entailler.
Je vous explique.
Des tubes 5/16 (Pour « Petit Point D’exclamation » c’est 5/16 de pouce et ça équivaut à un cm de diamètre) relient chaque arbre à un tube collecteur. Nous marchons d’arbres en arbres en perçant des trous avec des perceuses sans fil. On décroche le chalumeau de son fourreau et on le trempe dans de l’alcool pour le désinfecter. Nous martelons ensuite le chalumeau dans le trou avec un maillet de bois et le tour est joué. Bon, y a plus mais je vous décris l’essentiel.
On en a encore pour 6 ou 7 jours et j’espère que les conditions vont s’améliorer sinon il y a beaucoup de kilos qui vont se perdre.
En parlant de kilos, je suis arrêté dire bonjour à Lise et Yvon (mes voisins) ce soir en finissant et il y avait 6 ou 7 tartes sur la table. Miam.....
À plus.

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jeudi 15 février 2007

Un Ange


Je suis encabané ce matin. Il est tombé 55cm+ et ça continue.
Je vais donc vous parler de mon voisin d’érablière Yvon. J’ai fait sa connaissance au printemps 2005 alors que je me préparais à bouillir la sève pour la première fois. Quelle catastrophe. J’avais connecté un instrument à l’envers et comme conséquence l’évaporateur s’est arrêté de fonctionner. Comme je n’y connaissais rien en appareil de chauffage j’ai commencé à paniquer. Qui appeler? Qui répare ce genre d’équipement? Je voulais pleurer, j’étais totalement dépassé.
Yvon est arrivé à ce moment-là.
« Bonjour, je m’appelle Yvon, je suis ton voisin »
« Bonjour ». J’étais tellement préoccupé que je l’ai presque ignoré.
« Comment ça va? »
« Pas très bien. Mon évaporateur s’est arrêté et il ne veut plus redémarrer. Je n’y comprends rien ».
« Pas de problème, je suis électricien, je vais jeter un coup d’œil »
Je ne sais par quel miracle mais un ange venait d’apparaître.
Yvon a vite compris ce que j’avais fait de travers et en a conclu que les boites de contrôle étaient cuites.
Nous sommes allés chez lui et pendant que je sirotais un café, Yvon a téléphoné à un fournisseur d’huile à chauffage qui avait justement ce genre d’équipement en inventaire.
Ouff! Le miracle s’était produit.
Quelques heures et $400 d’équipement plus tard, le tout était réparé.
Quelle chance d’avoir un électricien à la retraite et qui plus est, plein de ressources, comme voisin.
Yvon a aussi une érablière. Un peu plus modeste que la mienne mais qui renferme quelques trésors d’invention et d’ingéniosité.
Lise, son épouse, l’épaule durant le temps des sucres. Ils se relayent à l’évaporateur jusqu’à souvent très tard dans la soirée. Souvent, à la fin de ma journée j’arrête jaser avec eux. S’ils ne sont pas à la maison c’est qu’ils sont à la cabane en train de faire bouillir.
Ce sont des passionnées de l’érable.
Ce printemps, puisque nous travaillons souvent tous les deux seuls en forêt, nous avons convenu de porter ces petits radios-téléphones sur nous. C’est plus prudent et puis moins ennuyant dans la soirée lorsque on peut communiquer. On ne l’a pas encore essayé et ça reste à voir mais cette idée qui vient d’Yvon est séduisante.
Bon, je leur (et me) souhaite une bonne saison des sucres.
Je m’en vais pelleter de la neige….

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samedi 10 février 2007

La cuisinière


« La valse de la bûche », pour citer RobertD, continue. Avec les froids sibériens des trois dernières semaines la réserve de bois de chauffage diminue drastiquement.
Notre fournaise centrale fonctionne au bois et à l’électricité.
Voici comment ça fonctionne :
Il y a deux thermostats. Un pour l’électricité que nous réglons à 16 degrés. Puis le deuxième qui lui gère la combustion et est réglé à 22 degrés. Tous les matins j’allume le système au bois. Le thermostat qui gère l’entrée d’air et le ventilateur assure une dispersion uniforme de la chaleur tant et aussi longtemps que la fournaise est alimentée avec du bois (de l’érable sec bien entendu).
Au petit matin, la température à l’intérieur de la maison diminue graduellement (je ne me lève pas la nuit pour alimenter la fournaise) pour atteindre 16 degrés et c’est à ce moment que le chauffage électrique prend la relève.
Puisque nous avons une très grande maison, nous utilisons souvent (tous les jours dernièrement) la cuisinière au bois. Il est certain que cette dernière est beaucoup mois efficace que la fournaise centrale mais bon, la chaleur qu’elle dégage est tellement agréable. Et n’oublions pas que nos ancêtres pas si lointain se chauffaient presque uniquement avec ce type de poêle.
Et puis, puisque la cuisinière au bois chauffe, pas question d’utiliser la cuisinière électrique pour préparer les repas.
Il paraîtrait que la nourriture a bien meilleur goût quand elle est cuite sur une cuisinière au bois.

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lundi 5 février 2007

On a chauffé le poêle


Dire qu’il y a du monde qui travaillait aujourd’hui.
-22 degrés. Vents de 30 k/h, rafales à 50.
C'était notre souper de la gang des dix la fin de semaine dernière et j'ai ramené un de mes chums à la ferme pour m'aider cette semaine
Pour deux quinquagénaires retraités, pas question de mettre les pieds dehors.
Mon copain et moi sommes restés presque toute la journée à l’intérieur. J’avais pris des lièvres au collet la semaine dernière alors aujourd’hui, je les ai arrangés et on les a cannés avec du porc. Au moment ou j’écris, les cannes bouillent sur le poêle à bois. Elles vont bouillir au moins jusqu’à 11 :00 ce soir.
Le fait d'être équipé pour canner, nous n'utilisons plus de pots Masson. L'inconvénient c'est que les cannes sont tous des cannes de sirop.
Ma belle-soeur qui était en visite l'été dernier a ouvert une canne de sauce à spagetti croyant que c'était du sirop d'érable!
Demain si il fait moins froid et surtout s'il vente moins, on va se risquer à travailler à l’érablière.
Ah et puis demain soir, on s’ouvre une canne de lièvre avec une bonne bouteille de vin.

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jeudi 1 février 2007

Prêt? Pas prêt?

Je ne sait trop quoi dire ces derniers jours.

Je crois que je fait un peu d’anxiété.

Le froid des ces deux dernières semaines a quelque peu ralenti mon ardeur au travail
La saison approche à grand pas et je ne suis pas tout à fait prêt. Je prévois commencer à entailler dans une quinzaine de jours et il me reste une dernière tournée à faire dans l’érablière pour réparer les tubes brisés par les branches. Arpenter 150 acres de forêt dans tous les sens n’est pas une mince affaire mais bon, j’ai un ami (un de la « Gang des Dix »)qui viens m’aider la semaine prochaine alors espérons pour le mieux.

Les deux personnes que j’engage pour m’aider à entailler ne m’ont pas encore confirmé leur disponibilité. Il y a beaucoup de demande au printemps pour ce genre d’expertise. Les gens travaillent dans plusieurs érablières. Ils les font une après l’autre.

Et puis il y a la commande de fournitures qui n’est pas encore rentrée mais ce n’est pas trop grave car je ne prévoit pas de coulées sérieuses avant le début de Mars. Il arrive que ça coule durant les deux dernières semaines de Février pendant qu’on entaille mais je ne récupère pas cette sève. Elle n’est jamais bonne parce que pas vraiment sucrée et elle a un goût boisé. Mais, elle contribue tout de même à rincer la tubulure dans laquelle s’est accumulé beaucoup d’humidité durant l’année.

Bon, d’en parler fait déjà diminuer mon anxiété.

Mais si la saison commençait plus tôt cette année…
Si mes hommes engagés ne pas disponibles pour ces deux semaines…..
Si ma commande ne rentre pas à temps…..
Si mon ami a un contretemps pour la semaine prochaine…..
Si…..
Ayoye, je m’en vais me coucher.

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