Deux Mondes

Depuis que je suis établi en campagne il n’y a pas un jour où je ne constate pas une différence avec la vie dans les grands centres.
Prenez les gens par exemple, connaissez-vous le nom de votre épicier, de votre garagiste, du facteur, des commis du magasin général, de la caisse populaire, du dépanneur, du centre vidéo ou même de vos voisins. Et bien dans un petit patelin comme le mien, tout le monde se connaît. Une autre particularité des gens d’ici c’est qu’il ne sont pas méfiants de nature contrairement aux grandes villes.
À ma première année de production de sirop d’érable j’ai ouvert des comptes chez plusieurs fournisseurs d’équipements d’érablières tous dans des villages voisins plus ou moins éloignés et j'ai commandé des milliers de dollars en marchandises. Me croiriez-vous si je vous disais que je n’ai jamais rien signé pour ouvrir ces comptes, qu’on ne m’a pas demandé aucun renseignement de crédit, qu’on m’a expédié ma marchandise (bien sûr j’ai signé les bons de réceptions) et que j’ai payé les factures sur réception par la poste.
Même la caisse populaire où j’ai contracté un emprunt hypothécaire me permet d’effectuer un seul paiement par année qui coïncide avec la vente de ma récolte de sirop. Essayez de convaincre votre gérant de banque que vous voulez effectuer un seul paiement annuel pour votre hypothèque si vous demeurez dans un grande ville.
Une autre caractéristique des gens d’ici, la cordialité.
Je vous raconte une anecdote.
« Dans les premières années que je suis arrivé ici j’ai récolté un magnifique chevreuil à l’automne. Comme je ne savais pas où aller je l’ai amené à l’épicerie. Là, le boucher m’a dit qu’il ne pouvait pas le prendre avec la peau, que je devais d’abord en quelque sorte le déshabiller. Je me suis donc installé dans le stationnement de l’épicerie où j’avais stationné mon camion et j’ai « pleumé » mon chevreuil avec un couteau que le boucher m’avait prêté. Et les clients? Il y avait attroupement, ils venaient tous me voir, me féliciter, jaser en peu avec moi, me montrer le pouce et non le majeur. Pendant que je besognais, l’un d’eux m’a fait remarquer que de la vapeur sortait du capot de mon camion.
À ma première année de production de sirop d’érable j’ai ouvert des comptes chez plusieurs fournisseurs d’équipements d’érablières tous dans des villages voisins plus ou moins éloignés et j'ai commandé des milliers de dollars en marchandises. Me croiriez-vous si je vous disais que je n’ai jamais rien signé pour ouvrir ces comptes, qu’on ne m’a pas demandé aucun renseignement de crédit, qu’on m’a expédié ma marchandise (bien sûr j’ai signé les bons de réceptions) et que j’ai payé les factures sur réception par la poste.
Même la caisse populaire où j’ai contracté un emprunt hypothécaire me permet d’effectuer un seul paiement par année qui coïncide avec la vente de ma récolte de sirop. Essayez de convaincre votre gérant de banque que vous voulez effectuer un seul paiement annuel pour votre hypothèque si vous demeurez dans un grande ville.
Une autre caractéristique des gens d’ici, la cordialité.
Je vous raconte une anecdote.
« Dans les premières années que je suis arrivé ici j’ai récolté un magnifique chevreuil à l’automne. Comme je ne savais pas où aller je l’ai amené à l’épicerie. Là, le boucher m’a dit qu’il ne pouvait pas le prendre avec la peau, que je devais d’abord en quelque sorte le déshabiller. Je me suis donc installé dans le stationnement de l’épicerie où j’avais stationné mon camion et j’ai « pleumé » mon chevreuil avec un couteau que le boucher m’avait prêté. Et les clients? Il y avait attroupement, ils venaient tous me voir, me féliciter, jaser en peu avec moi, me montrer le pouce et non le majeur. Pendant que je besognais, l’un d’eux m’a fait remarquer que de la vapeur sortait du capot de mon camion.
Après avoir entré la carcasse du chevreuil au frigo je me suis rendu directement chez le concessionnaire situé à deux pas de là. Sans rendez-vous bien entendu. C’était juste avant les heures de fermeture. Ils ont examiné le problème et convenue que le radiateur coulait. Là aussi il y a eu attroupement, la tête ainsi que la peau et les pattes du chevreuil étaient toujours dans la boîte du camion et puisque le panache était énorme, même le proprio est venu me féliciter et on a jasé de chasse. Bon, maintenant je suis à pied car impossible d’avoir les pièces du radiateur avant le lendemain. Et bien on m’a prêté une voiture de courtoisie sans que je n’ais, encore là rien à signer, tous simplement en me demandant de la ramener avec un peu d’essence pour que le prochain client puisse se rendre au moins jusqu’à la station d’essence. J’ai demandé, et les restes du chevreuil? Ne vous inquiétez de rien, on s’en occupe qu’on me répond. »
Vous imaginez si cela s’était produit à Montréal. Un, on m’aurait lapidé sur place pour le chevreuil. Deux, le concessionnaire m’aurait probablement dit, revenez demain car on ferme dans cinq minutes. Trois, je n’aurais pas eu de voiture de courtoisie sans l’avoir réservée à l’avance. Et quatre, même si on m’avait prêté une voiture (car souvent on les loue) ce ne serait qu’après avoir signé une tonne de papier, montré une tonne de cartes d’identités, laissé mon numéro de carte de crédit, et sous la menace de surcharges atroces si je ne la ramène pas pleine d’essence.
La campagne et la ville! Vraiment deux mondes.
Et la dessus, je peux vous dire que je n’ai jamais regretté de m’être établie ici.
Vous imaginez si cela s’était produit à Montréal. Un, on m’aurait lapidé sur place pour le chevreuil. Deux, le concessionnaire m’aurait probablement dit, revenez demain car on ferme dans cinq minutes. Trois, je n’aurais pas eu de voiture de courtoisie sans l’avoir réservée à l’avance. Et quatre, même si on m’avait prêté une voiture (car souvent on les loue) ce ne serait qu’après avoir signé une tonne de papier, montré une tonne de cartes d’identités, laissé mon numéro de carte de crédit, et sous la menace de surcharges atroces si je ne la ramène pas pleine d’essence.
La campagne et la ville! Vraiment deux mondes.
Et la dessus, je peux vous dire que je n’ai jamais regretté de m’être établie ici.
Libellés : campagne, sirop d'érable, érablière


4 commentaires:
On est né la même année. Dragon. Campagnard moi aussi jusqu'à 16 ans pour venir étudier en ville et ne plus jamais la quitter. Vrai qu'il y a différence entre les deux mondes. Mais les citadins qui iraient s'installer à la campagne deviendraient, pour la plupart, aussi ouverts sur les autres. C'est une question d'espace et de coudées franches. Je viens de découvrir un vieux campagnard. Viendras-tu lire le vieux citadin ? Salut !
Une explication vient du fait que tout le monde se connait. Dans une grande ville, tu peux 'fourrer' bien du monde, personne ne se parle.
Dans un petit village, tu 'fourres' quelqu'un, tu 'fourres' le village au complet.
L'impact est plus grand. Je ne dis pas que la mentalité n'est pas réellement différente, mais l'impact oui.
En contre partie, la vie privée est peut être plus difficile à maintenir puisque tous le monde se connait.
Comme quoi tout n'est pas parfait.
C'est drôle, ça me fait penser à "comme dans les films", comme quoi l'écart est véritablement grand, tellement que parfois on en oublie l'existence.
Je viens d'une petite ville aussi, dans les Vosges, 9000habitants je crois, et toutes les familles se connaissent à peu près, tout est condensé dans un petit centre ville mais on y trouve de tout quand même, et tout autour il y a les forêts, le lac, la nature, le rappel à la façon de vivre un peu ancienne comparé au mode urbain d'aujourd'hui, et j'aime tellement cette vie.
Metz à côté, là où je vis la semaine, c'est une horreur. La pollution, les gens qui ne font même plus attention les uns aux autres, tu te fais voler ton sac à main et tout le monde détourne la tête, on ne pense qu'à la façon dont les autres nous voient, comment s'habiller, se maquiller, agir, ça en devient ridicule, et je n'aime pas ça.
Alors le retour aux sources est proche et ça fait du bien. Je raconte un peu ma vie là c'est pas très correct... Juste que vos mots c'est un peu la vie que j'ai envie de mener, et qui va arriver bientôt, alors...
Et je comprend que si le choix était à refaire il serait le même, rien ne vaut ce genre d'ambiance...
Bise :]
salut et oui la vie a la campagne est fantastique.
je suis de la campagne je rêvais de la grande ville plus jeune et j'y suis allée, mais je n'ai pas aimée les gens sont froid, ils ne sont pas capablent de rendre un service. alors je suis revenue vivre a la campagne avec ma famille et oui les gens sont seviables ici, ils t'aident sens regardez et sans demander de l'argent, ils de tises que un services en attire un autre
salut
manon
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